Préprons la relève, transmettons la fierté!

 

Le 8 mars chaque année, on se rappelle que les droits des femmes sont très inégalement respectés dans le monde. Le Québec nous a accordé le droit de vote en 1940, 32 ans après le Canada. En 2024, nos plus jeunes générations pourraient se demander pourquoi aujourd’hui on continue à revendiquer, à se rappeler, à souligner les victoires à grand traits rouges. Ne vivons-nous pas dans une société qui nous accorde le droit à une remarquable et légitime égalité? Toutes les sphères de la société n’ouvrent-elles pas les bras aux femmes?

Il suffit de lire les articles qui ont circulé la semaine dernière, en regard de ce 8 mars. Le « plafond de verre » semble pourtant encore bien présent. En effet, qu’ils soient internes ou externes aux organisations, des facteurs contribuent encore à limiter l’ascension de certains individus au sein de la structure. Pensons au manque d’impartialité dans les processus de recrutement, par exemple.

Dans notre réseau, avec plus de 97% de femmes gestionnaires, on peut facilement se dire que tout est réglé, qu’une personne qui souhaite obtenir un poste de direction a autant de chance qu’une autre. Mais si on regarde la situation plus globalement, on se rend compte que la fierté n’est pas toujours au rendez-vous. Oui, on demande d’être reconnues à notre juste valeur. Mais entre nous, qu’en est-il? Sommes-nous, à presque 1900 femmes gestionnaires, fières de ce que nous avons accompli collectivement? Sommes-nous fières de ce que nous faisons quotidiennement, et pour l’avenir? Sommes-nous fières de ce que nous avons mis en œuvre et que nous léguons à nos plus jeunes gestionnaires? Sommes-nous fières… d’elles?

La décennie 2020-2030 sera marquée par la retraite professionnelle de plusieurs centaines de gestionnaires « de la première heure ». Elles ont joué leur rôle de bâtisseuse, elles ont créé et rêvé un Québec meilleur pour ses familles, ses enfants et ses mères. Elles sont devenues des professionnelles, en ce sens qu’elles ont travaillé à « professionnaliser leur travail ».

Le mois de mars permet aux cadres des CPE/BC de se rappeler que la place des femmes dans le monde de la gestion n’est jamais acquise : par le 8 mars d’abord, puis plus humblement par le 31 mars, Journée nationale des cadres en CPE/BC. Ce qui doit ressortir de ces manifestations est surtout la fierté envers soi et la confiance envers ses pairs les plus jeunes. Lorsque le flambeau est transmis à une plus jeune génération, évitons de nous accrocher au passé, de nous immiscer dans leurs pratiques et leur nouvelle vision des choses. Ce n’est pas le temps de jouer à la belle-mère! Et au contraire, tentons le plus possible de prendre un pas de recul et de faire transcender la fierté au travers des générations.

Soyons toutes fières de ce qui a été accompli et de ce qui se fait aujourd’hui, dans nos milieux, avec et par les nouvelles gestionnaires. Il n’y a pas que les procédures qui doivent faire partie de votre plan de contingence : la fierté aussi devrait être transmise à notre relève!

Être féministe, c’est être vigilante, curieuse et à l’affût, critique et soupçonneuse des discours dominants. C’est regarder derrière pour voir devant, et continuer à rêver, par des paroles et des gestes militants, un monde plus tolérable, un monde où l’on vivrait mieux. - Martine Delvaux, Le monde est à toi

Élyse Lebeau, MBA, Adm.A.
Le 8 mars 2024


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